Vers un Compost « solidaire » ?
La gestion des déchets ménagers coûte près de 10 milliards d’euros chaque année à la France ! Sur 30 millions de tonnes par an, seulement 20% de celles-ci sont recyclées. Outre les déchets de chantiers qui s’accroissent et pour lesquels les stratégies d’enfouissement ou de stockage de déchets ultimes ne sont pas adaptées, il semble que l’effort doive être porté par les Ménages. Si l’éco citoyenneté progresse, il n’en demeure pas moins que les gestes citoyens restent eux perfectibles. En effet, sur 360 kgs d’ordures par habitant et par an, ce sont près de 70 kgs de déchets dits « organiques » (tontes de gazon, épluchures diverses) et 50 kgs de journaux qui pourraient être recyclés, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Les conteneurs de collecte sélective des déchets ménagers reçoivent les plastiques, les boîtes métalliques, les cartonettes d’une part, et, les « abandonnés » en verre, d’autre part (bouteilles, pots..). Mais, seules les déchetteries reçoivent les déchets verts des jardins. Bien que cette pratique conduise à des revalorisations écologiques à destination des ménages et des collectivités (compostage des déchets verts au Centre de Stockage des Déchets Ultimes (CSDU) de la Coutume à Mésanger et, revente à bas prix de ceux-ci par exemple dans les jardineries), le compostage individuel apparaît à la fois comme une solution écologique et solidaire.
Ecologique car, le compostage volontaire réduit de près de 25% le volume des ordures déposées par les ménages. Mieux, en raison de la meilleure qualité du tri, une baisse de l’ordre de 17% des déchets est observées. Au total, les fermentescibles (tontes de pelouse, épluchures, papiers journaux, …) diminuent de 48% dans le total des déchets produits. Il y a donc baissent des coûts de collecte et de stockage du côté des collectivités. Ces chiffres ont amené certaines communes en Bretagne par exemple à mettre à disposition des composteurs individuels pour 19 euros par ménages, pour un coût unitaire de 45 euros environ, le différentiel étant pris en charge par la commune ou la communauté de commune. N’oublions pas qu’il réduit également l’utilisation de produits du jardins polluants et souvent fort coûteux.
Solidaire, il l’est parce que le compostage est une solution « pour tous » et pas seulement pour autrui. Il crée indirectement des emplois dans les chantiers d’insertion, dans les industries fabricant ces composteurs individuels. Solidaire, il l’est également parce qu’il permet un évitement de coûts dont le résidu est reversé au secteur associatif. La communauté de communes de Lanvollon-Plouha (Côtes d’Armor) finance ainsi les associations locales et internationales. 23000 euros d’économies ont ainsi pu être redistribués.
L’économie sociale & solidaire montre que les innovations existent. Il suffit de vouloir « penser le changement » au lieu de se contenter de « changer le pansement » !
Pascal Glémain,
Docteur en économie du développement local.
Enseignant-chercheur en économie sociale et solidaire.
Le 23 mars 07
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